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Voyage en Inde du Nord au Punjab, Himachal Pradesh et Haryana pendant la mousson – août 2011

Voici quelques extraits du journal de ce périple perturbé à plusieurs reprises par la mousson. Ce fut la découverte des coutumes ancestrales et religieuses, des temples innombrables qui parsèment les routes indiennes, ainsi que le partage de moments forts avec la population. Cours de yoga avec des professeurs indiens et massages ayurvédiques ont agrémenté chacune de mes étapes.

Amritsar au Punjab

temple d'or des sikhs

Visite incontournable du Temple d’Or des Sikhs : des familles entières avec leur baluchon porté sur la tête se dirigent dès l’aube vers ce sublime temple, appelé aussi gurdwara. Pour visiter un temple en Inde, il faut d’abord se déchausser. De surcroît, pour le temple d’Or, comme pour toutes les gurdwaras, il faut aussi se laver les pieds et avoir la tête couverte, hommes, femmes et enfants.

La ferveur des Sikhs est très présente. C’est leur lieu de pèlerinage par excellence, comme la Mecque pour les Musulmans. Tout est prévu pour dormir et manger sur place, à même le sol ; une organisation exemplaire de pèlerins bénévoles permet d’accueillir 60.000 à 80.000 visiteurs par jour !

Longue attente et bousculade – agoraphobes s’abstenir – pour aller au cœur du temple où les hauts dignitaires Sikhs psalmodient tout au long de la journée des chants sacrés (retransmis par haut-parleurs) provenant des livres appelés « kirtan » qui, chaque soir, sont conduits en lieu sûr lors d’une procession de fidèles en communion avec les dignitaires Sikhs ; c’est le même rituel chaque soir. Il y a peu de touristes dans ce site admirable.

mousson a amritsar

Dharamsala en Himachal Pradesh

Il a plu toute la nuit. C’est le chaos dans Amritsar. En quelques heures, le centre- ville est inondé. Quelques pousse-pousse, fidèles au poste, avancent péniblement en pédalant à une allure d’escargot, luttant contre la force de l’eau. Je prends un bus pour Dharamsala sous une pluie torrentielle.

Après un trajet turbulent de 8 heures sous la pluie, j’arrive à Dharamsala que je considérais comme une étape importante dans mon voyage mais la ville s’avère très touristique et commerciale.

Un bon massage ayurvédique de 90 minutes reçu d’une jeune Indienne pour la modique somme de 600 Rs (10 €), au son de la musique indienne, me relaxe et me fait oublier la pluie quelque temps.

Je visite le temple de Kalachacra orné de splendides Tangkha, peintures murales du mandala, la roue du temps.

J’apprends par la presse que, la veille, le Dalaï-lama a accompli à Dharamsala sa passation de pouvoir politique des Tibétains en exil à Lopsang Sangay… Le Dalaï-lama reste néanmoins le guide spirituel de la communauté tibétaine.

Le temple du Dalaï-lama est d’une simplicité qui pourrait être un exemple pour d’autres lieux de culte. La visite se termine par la projection d’un film sur le génocide tibétain qui pousse à l’exode des Tibétains dans le Nord de l’Inde essentiellement.

Mandi

pujas au temple

Départ en bus pour Mandi, – là où le soleil est prévu… selon internet – car les routes pour LEH dans le Ladhak sont impraticables. Après un trajet de 6 heures, me voici à Mandi qui ne compte pas moins de 81 temples… ! Beaucoup richement décorés et très colorés, certains laissés à l’abandon, d’autres nichés entre deux échoppes de la rue principale ou le long de la rivière Beas.

C’est en rickshaw que j’irai sur la colline pour la visite du temple Tarna où un groupe de femmes chante et joue de la musique avec tambour, tambourin, cymbales tibétaines et un instrument composé de 2 barres de fer de 1m environ auxquelles sont accrochées de petites cymbales qui rendent tout leur effet quand les 2 barres s’entrechoquent : c’est le chimpta. Il pleut à nouveau… Je m’assois et les écoute. L’une d’elles me demande de danser avec elle. Je m’exécute : pas facile la danse indienne : tout est dans le déhanché et l’effet de bras.

Les temples sont aussi des lieux de rencontre pour les couples amoureux … sans doute pour satisfaire des amours réprimés par des parents qui décident encore pour leurs enfants la meilleure union en fonction de leurs intérêts et de l’appartenance de leur caste, au détriment des sentiments de leurs propres enfants…

Je croise tout au long de ce périple de plus en plus de jeunes filles en jeans qui profitent de leur liberté avant le mariage qui les obligera ensuite à porter uniquement le sari ou tout autre habit indien comme le veut la tradition.

Retour à l’hôtel sous la pluie battante. Plus tard dans la soirée, je consulte sur internet la météo pour les prochains jours : pluie… pluie… pluie… !Me voici bloquée une journée supplémentaire à Mandi. Le niveau de la rivière Beas qui traverse Mandi n’a jamais été aussi haut.

Mandi est aussi la ville des tailleurs avec un tel choix de tissus qu’il est facile de trouver toutes sortes de besoin, même ceux que je n’avais pas soupçonnés.

maison himachalie

Manali

Je profite d’une éclaircie pour partir à Manali. Le bus est archibondé. Je suis assise, mais de nombreux voyageurs restent debout. Le bus est un moyen de transport très pratique pour les Indiens, d’autant plus que dans cette partie de l’Inde, il n’y a pas de train ; il suffit de faire signe au chauffeur pour qu’il s’arrête là où les passagers le souhaitent. Nous sommes sur les contreforts de l’Hymalaya. De petites maisons sont perchées ici et là, sans pouvoir discerner comment leurs habitants peuvent les atteindre ! De temps en temps, des treuils avec des paniers accrochés relient la berge à ces habitations : c’est certainement le seul moyen de s’approvisionner, notamment l’hiver alors que la neige les empêche de sortir.

Manali est une ville touristique, rendez-vous des consommateurs de hashish, ambiance New Age très cosmopolite.

Elle possède une coopérative regroupant 27 familles tibétaines qui tissent la laine, l’angora, le pashmina -le vrai- à des prix défiant toute concurrence.

C’est le 15 août – Independence Day : la fête de l’indépendance de l’Inde depuis 1947, mais il ne se passe rien d’exceptionnel ; Manali est en majorité peuplée de Tibétains, d’où le peu d’intérêt pour cette fête qui ne les concerne pas.

yak manali

La pluie redouble, la rivière Beas continue d’enfler et les routes sont de plus en plus périlleuses. C’est un massage qu’il me faut pour me réconcilier avec cette atmosphère plus qu’humide.

Tuntun, un jeune Indien me fait un massage ayurvédique d’une heure et demie de la tête aux pieds, très huilé qui se termine par l’application de pochons chauds renfermant des herbes médicinales trempées dans l’huile. Je savoure avec délice ce massage de main de maître tout en écoutant une musique indienne très relaxante… j’en oublie la pluie et tout le reste …

Toute la nuit, la pluie est tombée avec une intensité inconnue pour moi jusqu’à présent. Je me surprends à l’écouter avec un certain détachement, comme une force ou un caprice de la nature qui passera… Me revient en mémoire une citation d’un auteur inconnu que j’avais relevée avant de partir : « Vivre, ce n’est pas attendre que les tempêtes passent, mais apprendre à danser sous la pluie ». L’Inde est maître dans l’art de la patience.

Je visite Vashisth qui a plusieurs temples dont le VashisthMandir qui abrite des bassins de sources d’eau chaude naturelle à plus de 40°, sorte de bains publics permettant à ceux qui le souhaitent de se baigner.

Après 4 jours non-stop, la pluie vient de cesser … ! Pour fêter l’événement, je m’offre un massage à 4 mains avec Tuntun et Raju, dont la synchronisation n’était pas toujours parfaite. Néanmoins je me sens relaxée.

Le lendemain, ciel bleu, soleil brillant, Quel bonheur ! Merci Bouddha, Shiva, Vishnu, Krishna, Ganesh et autres divinités indiennes… !

Je décide d’abandonner mon parapluie dont les baleines sont pratiquement démantelées après leur usage intensif, comme pour conjuer le sort, en me persuadant de ne plus en avoir besoin…

temple naggar

Naggar

Cette nouvelle étape est un village charmant, hors des circuits touristiques, d’un grand calme, dans un écrin de verdure, la nature à l’état pur. Je réside à L’Alliance guest-house tenue par un Français, Gilbert Veyrard, complètement indianisé depuis 30 ans, marié à Hira, Indienne, avec qui il a eu 4 filles : Isabelle, Marielle, Eva et Aline.

L’endroit est très escarpé, mais magnifique avec une vue plongeante sur la vallée de Kullu, appelée aussi la vallée des dieux où pas moins de 400 divinités sont vénérées… !

Un groupe de jeunes gens défile dans le village avec tambours, un petit foyer allumé et une ombrelle abritant une divinité. Gilou m’explique qu’au premier jour de chaque cycle lunaire (28 jours), une divinité est invitée à sortir de son temple, d’où cette procession qui va durer plusieurs jours jusqu’à sa future destination. Ce rite est perpétué depuis plus d’un millénaire.

A Naggar se trouve le temple Vishnu Mandir minutieusement sculpté, datant du XIème siècle et le château de Naggar, édifié par les rajas Sikhs de Kullu en 1490. Entièrement rénové, il est un exemple même de l’architecture himachalie, construction en bois et pierre par couche alternée.

Dans la cour, le petit temple de Jagtipath est une pure merveille aves ses boiseries sculptées comme de la dentelle.

Pour la petite histoire, le dernier Raja criblé de dettes l’a vendu en 1938 aux Anglais en contrepartie … d’un fusil ! Puis à l’indépendance, le château a été restitué au gouvernement indien.

tisserand de rumsu

Après une bonne heure et demie de marche sur un sentier serpentant dans la colline, j’arrive au village Rumsu, avec plusieurs temples que je peux admirer seulement de loin car jalousement gardés par leurs habitants. Peu à peu, je noue contact avec les habitants, la plupart sont tisserands et se laissent aisément photographier moyennant qu’on leur montre le résultat. La vallée de Kullu est célèbre pour la confection des châles à partir des matières les plus nobles, telles que la laine de yak, la soie, la laine mérinos et surtout le pashmina à base de poil de chèvre.

Autre curiosité de Naggar : la Roerich Gallery, l’ancienne demeure du peintre russe Nikolaï Roerich mort à Naggar en 1947.

Cet homme a marqué la ville à plusieurs titres. Artiste peintre, politicien, ornithologue, philosophe, il est surtout à l’origine du Pacte Roerich signé en 1935 entre 60 pays pour la conservation des œuvres et monuments culturels du monde. Sa femme Helena Roerich, artiste peintre également, est l’auteur de l’ouvrage sur l’Agni yoga, encore appelé « le yoga de l’action ou du feu ».

Cette famille hautement spirituelle a côtoyé les plus grands Lamas de l’époque, mais aussi des personnalités de tout pays tels que Nehru, Indira Gandhi, Kroutchev, Gorbatchev, Albert Einstein, Franklin Roosevelt, etc…

L’emblème de Nikolaï Roerich est un drapeau blanc avec 3 ronds rouges sur fond blanc symbolisant religion, art et science, entourés par le cercle de la Culture ou encore comme des œuvres de l’humanité du passé, présent et futur présevées dans le cercle de l’éternité.

De retour chez Gilou, nous avons la visite du dieu « GuduDewa » en transhumance qui a commencé sa balade le premier jour lunaire. Tambours battants, toute la famille et les habitants de la guest-house du moment se réunissent autour du chamane qui donne la bénédiction à la doyenne de la maison, la mère d’Hira.

Puis en récompense et avant que la parade ne poursuive son chemin, du tchaï (thé au lait très sucré et épicé) et des gâteaux sont offerts à chacun. Quelle chance d’avoir été présente au bon moment !

Ce village a un art de vivre bon enfant où tout le monde se connaît et où les traditions sont encore très présentes et respectées… pour combien de temps encore ?

Statue Padmasambhava

Rewalsar

Après plus de 4h de bus j’arrive à Rewalsar, dominée par la statue de Padmasambhava haute de 12 mètres perchée au-dessus d’un temple tibétain richement décoré et coloré. Padmasambhava est un érudit indien parti de Rewalsar au VIIIè siècle pour enseigner le bouddhisme au Tibet. C’est naturellement que de nombreux Tibétains sont venus se réfugier dans cette ville où règne une atmosphère particulièrement spirituelle due à la présence des moines bouddhistes se promenant en habit bordeaux et safran tenant à la main un mala de 108 perles qu’ils utilisent à longueur de journée pour la récitation de leurs mantras.

La présence du Dalaï-lama est partout, dans les temples, les écoles, les magasins, les restaurants, beaucoup plus importante à mon sens qu’à Dharamsala.

Je fais halte pour 2 nuits dans la gompa rouge Drikung Kagyu : les gompas sont des monastères tibétains qui accueillent les pèlerins et très souvent les touristes.

Rewalsar que les Tibétains ont baptisé Tso Pema a gardé toute son authenticité, qui plus est un endroit réputé pour la retraite des moines bouddhistes renonçant dans les nombreuses grottes éparses dans la montagne.

J’assiste à la prière des moines : premier coup de gong à 5 h 30, les bonzes encore endormis entrent au temple avec tout le cérémonial qui convient : les plus jeunes ont à peine 10 – 11 ans. Les plus vieux -difficile à déterminer- mais probablement 80 ans, voire plus. Commence alors une longue récitation de mantras et de textes anciens qui va durer la matinée.

Enfants bouddhistes rewalsar

Le lac de Rewalsar est considéré comme sacré par les Hindous, les Bouddhistes, ainsi que les Sikhs, trois communautés qui se sont mobilisées pour lutter ensemble au XVIIème siècle contre l’invasion des Moghols. Cette solidarité perdure ; les trois communautés cohabitent avec la même ferveur et un respect certain entre eux, même si chacune cultive son indépendance et son appartenance.

Un soir, à peine couchée, j’entends une musique indienne qui résonne dans toute la ville avec une ambiance très festive. Je continue mon livre mais cette musique m’interpelle… et m’appelle.

Je traverse la ville jusqu’au temple d’où provient la musique : temple hindou dédié au sage Rishi Lomas que j’avais visité à mon arrivée.

Je découvre toute une assemblée assise dans une ambiance survoltée, les hommes assis d’un côté jouant de différents instruments de musique et de l’autre les femmes tapant dans leurs mains pour scander le rythme. L’une d’elles au milieu du temple danse avec frénésie.

Tout le monde n’a pas pu rentrer et c’est à l’entrée du temple à même le sol que le reste des femmes prenne part à la fête en l’honneur de Shiva. Seule étrangère, je fais figure d’intruse, mais je suis invitée d’emblée à rejoindre le groupe dans le temple… Je ne me fais pas prier et m’assieds en tailleur tapant dans mes mains. Puis la danseuse m’invite à la rejoindre et à prendre part à la danse. Je fais de mon mieux et toute l’assemblée est en liesse ! Je suis heureuse d’être parmi ses gens et d’être si facilement acceptée pour cette fête religieuse. Quelque part, je me sens intégrée dans leur communauté.

Sculpture Nek Chand

Chandigarh

Capitale du Punjab et de l’Haryana, c’est une ville moderniste marquée par l’architecture de … Le Corbusier en personne !

En effet, après la «Partition », Nehru lui a confié la construction de cette ville inaugurée en 1955. Le Corbusier n’a pas voulu en faire un profit financier, mais plutôt un exemple de ville qui « bouscule les habitudes et amène à changer les mentalités ».

La ville est divisée en 65 secteurs avec de larges avenues rectilignes à l’américaine. Plusieurs bâtiments reflètent le style Le Corbusier :

Entre ces ensembles immobiliers, la célèbre sculpture « la main ouverte », emblème de Le Corbusier, main tendue aux citoyens du Monde qu’il a illustré du texte suivant : « Reconnais cette main ouverte dressée comme un signe de réconciliation – ouverte pour recevoir, ouverte pour donner. Pleine main j’ai reçu, pleine main je donne ».

Cette architecture avant-gardiste pour l’époque et très controversée, s’avère judicieuse avec le développement de cette ville drainée par une forte population jeune de par ses universités de haute- technologie.

Un autre site remarquable est le Neck Chand Fantasy Rock Garden, immense parc de 20 Ha contenant des milliers de sculptures représentant des porteurs d’eau, des buveurs de tchaï, des joueurs de tous instruments musicaux, des guerriers, mais aussi des personnages fantastiques et toutes sortes d’animaux.

L’ensemble a été sculpté la nuit par Neck Chand, un responsable de l’aménagement de Chandigarh, sensibilisé par l’abandon de tous les détritus, rebuts et déchets de destruction des villages alentour à qui il a voulu donner une deuxième vie. Aujourd’hui c’est le deuxième site le plus visité en Inde, juste après le Taj Mahal !

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je fais une pause au « Girl in the Café » endroit très « branché » où toutes les Indiennes sont habillées à l’occidentale, libérées, émancipées… L’Inde est en pleine mutation… Le Corbusier aurait-il atteint son but : changer les mentalités ?

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre Rewalsar que j’ai quitté la veille où tout est tradition et Chandigardh où la jeunesse rejette ces mêmes traditions : les deux extrêmes à 130 km d’intervalle…

Mon voyage se terminera par mon retour à Amritsar avec la visite du Sri Durgiana Temple hindou, dénommé également temple d’argent de par ses portes en argent martelé du XVIème siècle.

Plusieurs groupes de femmes sont assises en cercle et effectuent leur pujas (offrandes et prières) qu’elles récitent en modelant du maïs, des herbes et une pâte à base de farine. Elles m’invitent à les rejoindre en tentant de m’expliquer leur rituel.

Je me rends en pousse pousse au Manta Temple, du XXème siècle de style troglodytique dédié à LalDevi, une Sainte associée à la fertilité féminine. Ce temple a des mosaïques clinquantes hautes en couleurs recouvrant murs et plafonds. On rampe également dans des tunnels les pieds dans l’eau pour traverser des grottes qui accèdent au temple.

Avant de quitter ce pays, je ne résiste pas à visiter à nouveau le temple d’Or pour revivre la procession nocturne des fidèles Sikhs.

Ainsi s’achève mon 3ème voyage en Inde où je retournerai en Juin 2012 vers d’autres horizons.

Le voyage en images

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